Aller au contenu principal
Accueil > Discours > Atelier de partage de l’étude sur le système de rémunération au sein de l’Administration publique sénégalaise - allocution d’ouverture du ministre

Atelier de partage de l’étude sur le système de rémunération au sein de l’Administration publique sénégalaise - allocution d’ouverture du ministre

Mesdames, Messieurs,
Quels que soient leur niveau de développement, leur forme d’Etat, leur régime politique et la pertinence de leurs politiques publiques, il est une exigence commune à tous les Etats du monde : aucun pays n’avance, ni ne se maintient sur la voie du progrès et du bien-être de ses populations si sa gouvernance n’est animée par une administration performante qui, à cet effet, doit satisfaire deux conditions substantielles:
-    disposer d’une bonne organisation, avec des structures cohérentes, des procédures simples et des moyens adéquats ;
-    et, surtout, mobiliser à bon escient et mettre en action des ressources humaines qualifiées et motivées, suffisamment imprégnées des principes et des valeurs qui fondent le service public, et qui sont traitées avec justice et avec équité.
S’il est incontestable que notre pays, le Sénégal, dispose d'un bon système d’administration, il est tout aussi indéniable que, depuis quelques années, celui-ci a subi, tout à la fois dans son organisation, dans son fonctionnement et surtout dans la gestion de ses ressources humaines, des distorsions et autres dysfonctionnements qui ont, de manière sensible, affecté la qualité des services rendus aux citoyens et aux usagers.

Mais, par-delà la nécessité de conformer notre offre de service public aux exigences de qualité, de célérité et de proximité des citoyens et usagers, il est également impératif de rénover notre système d'administration pour l'adapter aux nombreuses, diverses et rapides mutations du monde moderne.
C'est dans cette double perspective que s'inscrivent les chantiers de réforme ouverts par le Gouvernement et qui, focalisés à dessein sur les ressources humaines, que nous considérons comme la principale richesse de notre pays, sont notamment relatifs :
-    au Fichier unifié des données du personnel de l’Etat (FUDPE) ;
-    au Répertoire opérationnel des métiers et compétences de l’Etat du Sénégal (ROMCES) ;
-    à l'audit des compétences ;
-    à l'enrôlement biométrique ;
-    au Code de déontologie,
-    mais aussi au système de rémunération, levier important de la gestion moderne des ressources humaines, qui fait l'objet de l’étude dont le pré-rapport va nous être présenté dans un instant pour examen, observations, amendements, enrichissements et avis en vue, pendant les deux jours de partage, d'en améliorer le contenu et de faire du rapport final, intégrant les préoccupations de toutes les parties prenantes, un outil commun de référence pour les concertations, voire les négociations futures entre le Gouvernement et les partenaires sociaux.
Mesdames et Messieurs, il me paraît important de le rappeler : le 16 décembre 2014, en procédant au lancement de cette étude, j'avais clairement indiqué que l’objectif général poursuivi par le Gouvernement à travers sa réalisation est la mise en place d’un nouveau système de rémunération, qui soit attractif, juste et équitable, pour doter notre Administration des meilleures ressources humaines, assurer son bon fonctionnement et lui permettre de remplir avec efficacité son rôle dans la conduite de notre politique de développement économique et social.
Et le mandat assigné au consultant est bien de nous proposer, sur la base d'une analyse rigoureuse et la plus complète possible, un système rénové permettant de concilier, 
-    d’une part, l’aspiration naturelle des agents à l’amélioration constante de leurs conditions de vie et de travail et leur revendication légitime à un traitement équitable pour tous avec, 
-    d'autre part, l’exigence pour tout gouvernement, rappelée avec clarté il y a un instant par Monsieur le Ministre du Budget, de maîtriser et rationaliser l’allocation des ressources pour améliorer la qualité et accroître l’efficacité de la dépense publique, dans laquelle la masse salariale occupe, nous devons en convenir tous, un poids qui ne peut être occulté.
Bien conçue et parce que c'est sa vocation, la politique de rémunération favorise une telle conciliation.

Mesdames et Messieurs, il ne s'agit donc pas, à l'occasion de cet atelier de partage, de demander aux responsables des syndicats et associations d’agents publics de mettre sous le boisseau leur droit irrépressible de revendication, car la revendication est consubstantielle au progrès social.
Mais le monde bouge et, avec lui, les stratégies, les méthodes et les pratiques évoluent. Le temps est venu, aussi bien pour le Gouvernement que pour les partenaires sociaux, de donner une plus grande consistance au dialogue social et de passer, résolument, d’une logique de confrontation, contre-productive à bien des égards, à une dynamique de co-construction d'une politique de gestion des ressources humaines moderne et efficace pour tous.
Monsieur le Ministre Yéro DE, modérateur général de l'atelier, Madame, Messieurs les modérateurs des groupes de travail,
Vous avez pour mission, et le Gouvernement vous sait bien gré d'avoir spontanément accepté de répondre à son invitation, pendant ces deux jours, d'animer les échanges entre responsables des organisations d'agents publics, représentants opérationnels de l’Administration et le consultant, pour mieux faire prendre en compte dans le rapport final les attentes, voire les exigences des uns, mais aussi les préoccupations et les contraintes des autres, en un mot pour enrichir le travail réalisé de leurs contributions afin que, ensemble, nous dotions notre Administration d'un système de rémunération à la mesure des ambitions d'émergence de notre pays.
Monsieur le Président du cabinet MGP Afrique, l'heure n'est donc pas encore à la délivrance d'un quelconque satisfecit. Mais, au vu des comptes rendus qui m'ont été régulièrement faits par les membres du comité de pilotage, que je félicite pour leur travail, il me plait d'ores et déjà relever la disponibilité et le sens patriotique dont les membres de votre équipe et vous-même avez fait montre depuis le démarrage de cette étude, dont j'attends le rapport final avant la fin du mois de novembre.

Mesdames et Messieurs, vous l'avez sûrement entendu dans la relation qui a été faite par les médias du déjeuner qu'il a offert aux responsables des syndicats d’enseignants : très attentif aux conclusions et recommandations de cette étude, dont il a personnellement suivi le déroulement depuis le début, le Président de la République a demandé à recevoir aussitôt le rapport, auquel il entend donner la suite appropriée.
De la qualité des enrichissements dont vous nourrirez le travail du consultant dépend en grande partie cette suite.
Connaissant la plupart d'entre vous, je ne doute point que vous donnerez au rapport final une consistance à la mesure de nos attentes respectives.
C'est sur cette note d'espoir que, souhaitant des échanges féconds à vos travaux, je déclare ouvert l'atelier de partage du pré-rapport de l'étude sur le système de rémunération au sein de l’Administration publique sénégalaise.
Je vous remercie pour votre bien aimable attention.

 

Mme Viviane Laure Elisabeth Bampassy